Sariah'Lit



Sariah'Lit est un blog consacré à la littérature sous toutes ses formes. Je m'appelle Stéphanie. Vous trouverez sur ce blog mes avis littéraires concernant mes différentes lectures, mais également quelques concours que je propose occasionnellement.








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Thierry Berlanda - Interview

11 mars 2015


L'auteur se livre pour nous

J'écris des romans depuis mes 14 ans, je donne des conférences philosophiques dans les universités ici ou là, il m'est même arrivé de faire des chansons, bref je passe ma vie dans les mots. J'ai aussi bien sûr une vie sociale et familiale ; vu de l'extérieur, elles sont aussi banales que celles de n'importe qui.


Vous attendiez-vous à ce que « L'insigne du boiteux » rencontre un tel succès ?

Je sentais en tout cas que l'Insigne du Boiteux avait un assez gros potentiel, d'autant qu'il est le premier volet d'un projet de trilogie dans lequel j'ai souhaité pousser la visite des sous-sols de l'âme humaine jusqu'à peu près au niveau de la nappe phréatique... Qu'est-ce qui passionne les gens ? La passion, justement, les sentiments extrêmes. Dans l'Insigne du Boiteux ou La fureur du Prince, il s'agit d'une extrémité noire (bien qu'on y trouve aussi des nuances pastel). Je crois que lorsqu'il a fait le tour complet de tous les coins et recoins de l'âme humaine, ou en tout cas un tour assez complet, aussi bien l'écrivain que son lecteur est finalement assez soulagé. Non ? C'est donc ainsi que j'explique le succès de l'Insigne : d'abord, comme tous les succès, c'est une sorte de miracle, et ensuite, oui... il fait partie des livres qui vous parlent de vous, et même de ce que vous-mêmes ne savez pas de vous.

Comment vous sont venues les idées pour ce premier tome ?
 
C'est une très vieille idée, qui remonte à une trentaine d'années. Dans "En haine du roman", son étude sur Flaubert, Marthe Robert avait développé cette idée de l'enfant trouvé. Vous savez, ces gosses qui sont un peu déçus par leur famille naturelle, et qui s'imaginent être de descendance royale. Je pense que beaucoup d'enfants, moi y compris, ont parfois été traversé par ce sentiment d'être un prince "enlevé au berceau par des bohémiens" et élevé à l'écart de leur destinée. Disons que le Prince de mes romans, lui, est un vrai Prince. Et ça n'arrange pas du tout son cas...

Le Prince est un tueur plutôt sombre et tortueux qui fascine malgré nous. D’où tenez-vous votre inspiration pour ce personnage ? 

Je vous ferai un peu la même réponse qu'à la question précédente, mais en ajoutant que j'avais fait le pari de dénicher le personnage le plus démentiel que je puisse trouver. Je sais qu'on est souvent démenti par les faits divers, dans lesquels on découvre que la réalité dépasse décidément la fiction, mais disons qu'un gratiné comme le mien ne se rencontre pas tous les matins. Cela dit, je tenais aussi qu'il ait une densité psychologique, une incarnation réelle, qui ne fasse pas de lui qu'une sorte de simple effigie maléfique. Le Prince, qui sait s'il n'est pas aussi celui qu'il nous arrive parfois d'apercevoir dans notre miroir ?



Dans le premier volet, son côté sadique le pousser à faire souffrir des enfants. Doit-on s'attendre à ce qu'il pousse le vice et la perfidie plus loin dans « La fureur du Prince » ?

En réalité, je ne dirais pas que le Prince soit un sadique. Il tue les mères, non par cruauté jubilatoire, mais pour ce qu'elles représentent pour lui (je n'en dis pas plus pour ne pas trop lever le voile, mais les réponses sont dans mes romans). Quant aux enfants, s'ils meurent ou finissent très mal en point, c'est une conséquence que le Prince ne souhaite pas, au contraire, même s'il fait tout ce qu'il faut pour que le pire arrive. C'est le propre du détraqué complet, je crois, de tenter de parvenir à ses fins par des moyens aberrants.



Comment s'est déroulée l' écriture de « La fureur du prince » ?

A l'hôpital, pour tout vous dire. J'y étais entré pour une bricole et j'y ai chopé une bactérie qui m'a coûté un mois d'isolement. Eh bien, ça a été une bénédiction. Je n'avais pas mal. J'avais tous mes moyens. Je n'avais à m'occuper de rien. Et donc, pendant tout un mois, à raison de 10 heures par jour, dans le calme, j'ai pu rédiger les deux-tiers finaux de ce roman. Le premier tiers, comme souvent, je l'avais écrit pendant l'été, en vacances à la campagne, ce qui est beaucoup moins original.

« L'insigne du boiteux » et « La fureur du Pince » sont très différents de « Tempête sur Nogalès ». Pourquoi ?

L'Insigne du Boiteux et La Fureur du Prince sont des romans de genre. En les ouvrant, les gens ont à peu près l'idée de ce qu'ils vont y trouver. Je peux d'ailleurs m'amuser à les tromper (les lecteurs adorent ça) et à les emmener ailleurs, mais disons qu'en ouvrant Tempête sur Nogalès, personne ne sait où je l'emmène. C'est un roman beaucoup plus atypique, sans doute plus personnel. J'ai mis plus de vingt ans à lui donner sa forme définitive. Cela dit, mes autres romans sont différents à la fois des trois dont on a parlés, et très différents entre eux aussi. Pourquoi me contenterais-je d'un seul parfum de glace ?

D'où vous est venu l'envie d'écrire un thriller ?

L'envie d'écrire un thriller m'est venue comme un défi que je me suis lancé à moi-même : "cap ou pas cap ?" Et puis j'aime bien le noir, je l'avoue : il est la couleur sur laquelle toutes les autres se détachent le mieux.

Et pour finir, un petit portrait chinois...

Si j'étais un plat : un plat végétarien (mes filles m'en voudraient si je répondais autre chose)
Si j'étais un personnage célèbre : je serais Ulysse, parce qu'il aime explorer les confins et qu'il aime aussi revenir chez lui.
Si j'étais un livre : je serais ou j'aimerais être un livre de Nietzsche ou de Michel Henry, ou alors un recueil de poèmes de Baudelaire, Rimbaud, Yves Bonnefoy ou quelque autre que j'aime tant.
Si j'étais un passe temps : je serais la marche en forêt, au printemps ou à l'automne.
Si j'étais une saison : ... le printemps ou l'automne.


Mes chroniques

À propos de Sariah'Lit:

Stéphanie, férue de lecture et blogueuse depuis 2013. Elle ne passe pas une journée sans avoir un livre entre les mains pour s'évader.

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LES MOTS DOUX :

  1. Super cette interview, surtout que j'ai adoré L'insigne du boiteux mais aussi La fureur du Prince que j'ai eu la chance de découvrir en SP ^^ J'espère que tu prendras autant de plaisir que moi à lire ce second volet !!! Et maintenant j'ai hâte de savoir ce que donnera le 3 !!!

    Merci pour cette interview qui nous fait découvrir un peu plus cet auteur que je ne connaissais pas il y a encore quelques mois !!! Et que j'ai connu grâce à ton blog (gagné un exemplaire papier de L'insigne !!!!)

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